Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 46 – La stratégie coloniale des bandits

C’est assez paradoxale la façon dont quelques prétendus « défenseurs de la veuve et l’orphelin » entendent “civiliser” un pays tout en l’écrasant. Ce n’est pas ce qui se produit avec quelques citoyens honnêtes, colonisé par leurs propres prétendus représentants.​

Un vieux projet de domination

Bien avant les blablas de quelques machiavéliques manipulateurs égocentriques, la conquête des esprits par ces machiavéliques manipulateurs égocentriques était déjà dans les cartons des cerveaux de quelques prétendants aux titres de dirigeants de quelconques entités. De la même façon, la mise au pas du citoyen honnête ne commence pas avec telle loi ou tel “fait divers”, mais avec une vieille tentation : contrôler, surveiller, canaliser tout ce qui pourrait déranger l’ordre établi. On parle de “punir les pirates” dans le réel ; dans notre transposition actuel, ce sont les “fraudeurs”, les “assistés”, les “agitateurs” brandis pour justifier un arsenal répressif qui touche en réalité tout le monde.​

Un prétexte, puis l’installation

Dans le réel, trois « fragiles » suffisent à fournir le prétexte d’une immense arnaque au service de machiavéliques manipulateurs, puis d’une présence durable du concept de leurs arnaques chez quelques mougeons appâtés par divers biais cognitifs. Pour le citoyen honnête, ce sont quelques affaires spectaculaires, mises en boucle dans les médias, qui servent de justification à des lois d’exception devenues la norme : on “réagit” à l’émotion, et l’on installe des dispositifs permanents de contrôle. L’histoire se répétant, on ne se contente pas de “donner une leçon”, on s’installe dans la vie quotidienne : formulaires, contrôles, fichiers, caméras, convocations, sanctions automatiques deviennent l’armada moderne.​

Intérêts réels contre légende officielle

Toute colonisation est portée par trois moteurs : intérêts économiques, enjeux géostratégiques, et esprit colonial, bien plus que par la simple vengeance d’un affront. Pour le citoyen honnête, le récit officiel des machiavéliques manipulateurs parle de “sécurité”, “efficacité”, “modernisation”, alors que les intérêts réels sont ailleurs : réduire le coût social, discipliner la population, montrer aux marchés et aux partenaires étrangers que l’État sait “tenir” sa société. Comme pour la “barbarie” à civiliser, l’image du citoyen potentiellement suspect permet de faire accepter des mesures qui frappent surtout les plus fragiles.​

La conquête vue d’en bas

Pour le mougeon, la colonisation des esprits se traduit par le bombardement de formules toutes faites, des insultes, menaces et enfumades, c’est-à-dire une violence de masse visant aussi les civils. Transposé à la vie du citoyen honnête, cela devient une succession de coups de boutoir plus discrets mais continus : fermetures de services de proximité, contrôles humiliants, suspicions administratives, procédures kafkaïennes qui détruisent peu à peu des conditions d’existence dignes. Beaucoup de citoyens se voient, ainsi, privés volontairement de leurs droits concrets faute de “titres” parfaits, d’un document manquant, d’une signature oubliée.​ Chose que quelques institutions prétendant défendre la veuve et l’orphelin pardonneront, d’ailleurs, très facilement en méprisant les droits des victimes.

Une résistance dispersée

Face à l’armée française, la résistance se structure autour de figures (parfois elles mêmes dans les mains d’entités aux services des machiavéliques manipulateurs), qui pratiquent la guérilla et refusent l’affrontement frontal avec une puissance trop forte. Pour le citoyen honnête, la résistance prend des formes diffuses : recours, associations, collectifs, syndicats, lanceurs d’alerte, petits gestes de solidarité du quotidien, autant de “moucherons” (parfois eux mêmes dans les mains d’entités aux services des machiavéliques manipulateurs) facent aux “lions” officiels de la « bienveillance » institutionnel. On trouve parfois, chez certains serviteurs d’institutions, un mélange étrange de mépris et d’admiration pour ces gens qui “ne lâchent rien”, tout en continuant à appliquer les ordres des machiavéliques manipulateurs.​

Coloniser les vies ordinaires

La première colonisation des esprits ne s’arrêtera pas à une victoire par manipulation : elle se prolongera par la prise de terres, l’arrivée massive de colons pauvres, des famines et des déplacements forcés. Transposée, c’est la colonisation des temps, des revenus, des corps : contrats précaires, obligations de chercher du travail sous peine de sanction, déménagements subis, soins différés, droits théoriques inaccessibles en pratique. Pendant ce temps là, les machiavéliques manipulateurs vendent au citoyen un Eldorado administratif et économique – “terre d’opportunités”, “méritocratie”, “ascenseur social” – qui se révèle souvent n’être qu’un champ de pierres où l’on survit difficilement.​

Un drame humain, plusieurs récits

Pour l’autochtone, pour beaucoup de colons pauvres, pour les mougeons eux-mêmes, cette période sera un drame humain absolu. Pour le citoyen honnête, les blessures sont plus silencieuses : dépressions, AVC, burn-out, familles brisées par la pauvreté, handicaps mal pris en charge, dignités piétinées. Et comme les machiavéliques manipulateurs, longtemps présenté comme « bienveillants » aux enfants de mougeons, certains responsables politiques ou administratifs resteront célébrés comme des “réformateurs”, pendant que, dans les foyers, on les invoquera, plutôt, comme des menaces.​

Que faire du citoyen honnête ?

Les colonisateurs machiavélique et manipulateurs d’esprits se demanderont alors : que faire des mougeons dociles, maintenant qu’on les tient, sinon les lobotomiser toujours plus avec des utopies ? Pour le pouvoir contemporain, la question est : que faire de ce citoyen honnête désormais cerné par les procédures, sinon l’intégrer dans un dispositif où il travaille, consomme, se tait et vote de temps en temps ? L’histoire du citoyen honnête reste ouverte, suspendue à une autre question : comment décoloniser nos propres institutions pour que les machiavéliques manipulateurs cessent d’être les occupants de nos vies, et redevienne enfin les serviteurs de quelques égos ?​

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