Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 134 – L’Éthique en temps de peur : quand les « bienveillants » devenaient des pleutres

Introduction : le masque tombe

On nous bassine avec les valeurs. La bienveillance, l’ouverture, la solidarité. Des mots doux, des sourires en meeting, des posts LinkedIn pleins d’empathie. Pourtant, il suffit d’un souffle de panique pour que ces mêmes apôtres de la vertu se transforment en loups affamés, prêts à sacrifier leur voisin sur l’autel de leur propre sécurité. L’éthique ? Un décorum. La peur ? Le vrai moteur.

Prenons des cas concrets. Pas des théories fumeuses, non : des faits, des décisions, des retournements de veste qui laissent pantois. Et qui posent une question simple : et si la morale n’était qu’un costume qu’on enfile… quand on n’a pas peur ?


Cas n°1 : Les Écolos et le nucléaire – Quand la planète attend

Prenez les vertueux défenseurs de la Terre. Ceux qui hurlent contre le CO₂, qui bloquent les autoroutes pour sauver les abeilles, qui signent des pétitions contre le plastique. Jusqu’à ce que la guerre en Ukraine fasse trembler l’approvisionnement en gaz.

Soudain, les mêmes qui traitaient le nucléaire de « crime contre l’humanité » se mettent à vanter les mérites de l’atome. « C’est temporaire, vous comprenez… » Temporaire ? Comme un jean slim en 2005. L’éthique environnementale a fondu comme neige au soleil face à la peur du black-out.

  • 2020 : « Le nucléaire, jamais ! Vive les énergies renouvelables ! »
  • 2022 : « Bon, ok, on relance Fessenheim, mais c’est pour la bonne cause, hein. »

Morale de l’histoire : La planète peut attendre. Pas le chauffage !


Cas n°2 : Les prétendus défenseurs de la veuve et l’orphelin avec les libertés – Quand le virus frappe

Ah, les libéraux ! Ces champions de la liberté individuelle, ces ennemis jurés de l’État policier. « Chaque citoyen doit être libre de ses choix ! » clamaient-ils, verre de vin à la main, en terrasse. Jusqu’à ce que la Covid-19 pointe son nez.

Là, plus de débat : ceux qui respectent un confinement strict et le passe sanitaire sont des moutons. « C’est pour défendre la cause ! » Défendre la cause ? Ce n’est pas pour le bien commun, en tout cas ? Le même bien commun qui, hier encore, justifiaient toutes les insultes et « entrave inacceptable aux libertés » de la part de prétendus bienveillants ? La peur du virus a balayé des décennies de discours en quelques semaines.

  • 2019 : « L’État n’a pas à me dire comment vivre ma vie ! » 
  • 2020 : « Les manipulateurs m’ont dit qu’on nous ment ! Moi, je suis un véritable rebelle qui en à rien à faire des autres, tant que je peux faire ce que je veux ! Et cracher sur des mesures prisent pour en terminer au plus vite.»

Morale de l’histoire : La liberté est un principe… jusqu’à ce qu’on ait peur de se faire qualifier de mouton.


Cas n°3 : les humanistes et les migrants – Quand les frontières tremblent

Les humanistes, eux, nous parlent d’accueil, de fraternité, de droits de l’homme. « Nous avons une dette envers les migrants ! » proclament-ils, le cœur sur la main. Jusqu’à ce qu’un flux un peu trop important se présente à la frontière.

Là, les mêmes qui scandaient « Bienvenue aux réfugiés ! » se mettent à exiger des quotas, des contrôles, des « mais il faut quand même des limites ». La peur de l’invasion (réelle ou fantasmée) a fait voler en éclats les grands principes.

  • 2015 : « Sauvez les naufragés de Méditerranée ! »
  • 2023 : « Oui, mais pas dans MA ville, hein. »

Morale de l’histoire : La solidarité est une valeur… tant qu’elle reste théorique.


Cas n°4 : Les anti-capitalistes et Amazon – Quand le colis doit arriver à temps

Les anti-capitalistes, ces féroces critiques de l’exploitation, de la surconsommation, de Jeff Bezos en personne. « Boycottons Amazon ! » hurlaient-ils, fiers de leur engagement. Jusqu’à ce qu’ils aient besoin d’un colis pour le lendemain.

Soudain, la critique du géant du e-commerce devient un murmure. « Bon, ok, juste cette fois… » La peur de ne pas avoir son livre/son cadeau/son truc à temps a eu raison de toutes les convictions.

  • 2018 : « Amazon, c’est l’enfer du travail ! »
  • 2021 : « J’ai pris Prime, c’est trop pratique. »

Morale de l’histoire : Le capitalisme est un monstre… mais quel service client !


Conclusion : la peur, ce miroir sans fard

Alors, chers bienveillants, chers éthiques, chers vertueux : qui êtes-vous vraiment ?

Les cas sont là, implacables. L’éthique est une belle robe, mais la peur est un vent qui la soulève sans pitié. Et sous la robe, on découvre souvent… pas grand-chose.

Peut-être est-il temps d’arrêter de jouer les donneurs de leçons. Peut-être est-il temps d’admettre que la morale est une question de confort. Quand tout va bien, on peut se permettre d’être généreux, ouvert, solidaire. Mais dès que le danger pointe, c’est chacun pour sa peau.

Et si la vraie valeur, finalement, c’était l’honnêteté ? Celle qui consiste à dire : « Oui, j’ai peur. Et non, je ne suis pas un héros. »


Épilogue : et maintenant ?

Alors, on fait quoi ? On abandonne toute éthique ? Non. On l’assume, simplement. On reconnaît que la peur existe, et qu’elle nous pousse à des choix peu glorieux. Et on essaie, malgré tout, de ne pas trop se mentir.

Car au fond, le vrai courage, ce n’est pas de ne jamais avoir peur. C’est de ne pas laisser la peur décider à notre place.


« L’éthique est un luxe de temps calme. La peur révèle les vrais visages. »

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