Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 197 – Quand le complotisme dit tout haut ce que quelques prétendues « bienveillants » font en crachant sur des valeurs
Ce titre transforme le complotiste en révélateur maladroit de dysfonctionnements bien réels, tout en ciblant explicitement quelques prétendus « bienveillants » grands adeptes de la politique de l’autruche.
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Le complotiste n’est pas juste un idiot, c’est un malade d’un système malade.
Le complotisme est toujours la traduction d’un malaise réel ! : gestion hypocrite de la pandémie, culpabilisation généralisée, restructuration capitaliste sous couvert d’“urgence sanitaire”. Le complotiste voit qu’il y a anguille sous roche… puis invente des reptiliens pour meubler le décor. -
QAnon, c’est du jeu de rôle en ligne pour laissés-pour-compte du rêve américain.
Sous-culture complotiste, fanfiction politique, dynamique de “jeu” multijoueurs qui agrège les vieux fantasmes : sorcières, crimes rituels, protocoles, adrénaline littéraire (adrénochrome façon Hunter S. Thompson), etc. Le tout emballé dans un scénario “Trump sauve le monde”. -
Le capitalisme néolibéral fournit la réalité, les complotistes fournissent le scénario.
Grande restructuration économique, profits tirés de la pandémie, inégalités, gestion punitive : c’est la partie “vraie”. Les complotistes ajoutent la “Cabale pédosataniste”, le virus fabriqué exprès, le “Plan” orchestré dans l’ombre. Même délire, mêmes nerfs culturels, mais on ne peut pas faire comme si le malaise n’existait pas. -
La Révolution française a accouché du complotisme moderne, la société de spectacle l’a mis sous stéroïdes.
Barruel invente la grande narration des Illuminati responsables de tout, pour expliquer la fin de l’Ancien Régime. Les médias modernes, l’avalanche d’images, la perception que “tout est événement” rendent chaque fait divers exploitable comme départ de théorie. -
Le “debunking” à la papa ne marche pas : il faut des récits plus puissants que le délire.
Quelques internautes s’occupent avec des canulars sur internet : ils fabriquent une histoire encore plus captivante qu’une version policière, tout en en exposant les mécanismes. Résultat : parfois, des innocents relaxés, et une démonstration que pour contrer le complotisme, il faut réenchanter autrement, pas juste fact-checker en mode “Prof de SVT désabusé”. -
Sans luttes collectives, la colère se recycle en fantasmes de complots.
L’on peut insister sur le rôle des mouvements sociaux comme espace où la colère peut se politiser autrement que via QAnon & co. Quand la gauche, les syndicats, les bases militantes se délitent, l’espace est laissé aux gourous et aux narrations paranoïaques.
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