Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 221 – Les marchands de rage : pourquoi la fausse info et l’injustice nous rendent tous marteauLes marchands de rage : pourquoi la fausse info et l’injustice nous rendent tous marteau

Avez-vous remarqué comme le sang ne fait qu’un tour quand on se fait entuber ? Un petit coup d’injustice, et hop, le citoyen le plus calme se transforme en volcan. Pas de panique, vous n’êtes pas fou : la science explique très bien ce phénomène. Selon des travaux en psychologie sociale relayés par la Revue Médicale Suisse, le sentiment d’injustice déclenche une réponse émotionnelle intense appelée « frustration-agression ». Notre cerveau perçoit le traitement inéquitable comme une menace directe à notre statut ou à notre sécurité, ce qui active immédiatement les circuits de l’agressivité pour restaurer ce qu’on estime être la justice.

Mais là où ça devient magique, c’est que certains l’ont parfaitement compris… et en ont fait leur fond de commerce !

Image-6091 Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 221 – Les marchands de rage : pourquoi la fausse info et l'injustice nous rendent tous marteauLes marchands de rage : pourquoi la fausse info et l'injustice nous rendent tous marteau

Pourquoi ces « médias » balancent des bobards sans vérifier ?

Vous vous demandez encore pourquoi certains organes d’information ou pages spécialisées balancent des intox invérifiées à la chaîne ? La réponse tient en deux mots : audimat et pognon.

Comme le montre une étude de l’université du MIT publiée dans la revue Science, une fausse information se diffuse six fois plus vite qu’une vraie nouvelle sur les réseaux sociaux. Pourquoi ? Parce que le mensonge est taillé sur mesure pour susciter l’agacement, l’outrage et l’indignation. Plus c’est gros, plus ça fait réagir. En zappant la case « vérification des faits », ces marchands de vent gagnent du temps, créent du buzz facile et font grimper le nombre de clics.

Quels sont leurs véritables intérêts ?

Derrière ces salades servies à chaud, les motivations sont d’un cynisme absolu :

  • Le pactole des clics (Clickbait) : chaque vue, chaque partage, c’est de la publicité qui rentre. Faire de la relecture ou contacter des experts, ça coûte du temps et de l’argent. Vendre de la colère en barre, c’est gratuit et rentable.

  • L’agenda politique et l’influence : manipuler la masse en entretenant un sentiment de chaos permanent permet de braquer les projecteurs sur certains sujets et de polariser le débat public, une tactique documentée par le CNRS dans ses travaux sur la désinformation en ligne.

  • La capture d’attention : Dans la guerre moderne pour capter notre temps de cerveau disponible, l’outrage est la meilleure colle.

Le profil type des professionnels de la bobardise

Qui sont les champions qui s’adonnent à ce joyeux « passe-temps » ? Les chercheurs en psychologie se sont penchés sur la question et ont identifié chez les propagateurs de fake news compulsifs des traits bien précis, souvent regroupés sous le concept de la « Sombre Triade » (narcissisme, machiavélisme, psychopathie) :

  1. Le cynique opportuniste : il sait pertinemment que ce qu’il partage est faux ou déformé, mais il s’en moque royalement tant que ça sert son intérêt financier ou son petit pouvoir d’influence.

  2. Le narcissique en manque de clics : son moteur, c’est l’attention. Exister aux yeux des autres en jouant les lanceurs d’alerte du dimanche lui procure un shoot de dopamine bon marché.

  3. Le militant idéologique : convaincu que « la fin justifie les moyens », il estime que mentir un peu (ou beaucoup) est légitime si cela permet de faire triompher sa sainte cause contre le camp d’en face.

Bref, pendant qu’on s’énerve légitimement face aux injustices du monde, ces bonimenteurs alimentent la machine à fureur pour nous maintenir sous pression. La prochaine fois que votre sang ne fera qu’un tour devant une info révoltante : respirez un coup, vérifiez la source… et ne leur donnez pas votre clic !

Share this content: