Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 226 – Accord Meta à 16 milliards : Quand nos « justiciers » wokes bradent les enfants et font grimper l’action
Accord Meta à 16 milliards : Quand nos « justiciers » wokes bradent les enfants et font grimper l’action
Sortez les confettis, sonnez les trompettes et préparez les communiqués de presse dorés sur tranche ! Nos preux chevaliers de la morale publique, ces magnifiques procureurs généraux qui ne dorment que d’un œil pour protéger le peuple, viennent de remporter la plus grande « victoire » de l’histoire moderne contre le grand méchant loup de la Silicon Valley.
Meta va verser la somme astronomique, titanesque, presque divine de 16,68 milliards de dollars.
En lisant le titre, le citoyen ordinaire verse une larme d’émotion : enfin, la justice a frappé ! Enfin, Mark Zuckerberg s’est fait tapoter sur les doigts ! Sauf qu’en regardant d’un peu plus près — là où le petit peuple n’est pas censé fouiller —, la grande comédie du pouvoir prend une tout autre couleur.

Un chèque de poche et des bulles de champagne à Wall Street
Voyons le résultat des courses :
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L’amende ? Réduite à 12,1 milliards fermes étalés sur dix ans. Pour un géant comme Meta, c’est l’équivalent d’un pourboire laissé au vestiaire. Quant aux 5 milliards restants, ils ne seront versés que si la concurrence signe le même papier. Autant dire : quand les poules auront des dents. Les avocats réclamaient 200 à 1 400 milliards avant le procès. On a atterri à moins de 1 % de la fourchette basse, pile avant que le patron n’ait à témoigner sous serment. Quel hasard providentiel !
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La réaction de la Bourse ? L’action Meta prend +4,4 % dans la foulée. Wall Street n’a même pas fait semblant d’avoir peur. Les investisseurs sabrent le champagne : la justice américaine vient d’accorder un permis de continuer en règle, sans moindre reconnaissance de faute.
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Le bilan ? Meta paye une broutille pour acheter son immunité, les politiciens s’offrent une campagne de communication à bon compte, et le cours de Bourse s’envole. Tout le monde gagne… sauf vous et vos enfants.
Le grand numéro des « Défenseurs de la veuve et de l’orphelin »
On connaît la musique. A tous les cycles électoraux, quelques égocentriques ambitieux en quête de se faire dorloter l’égo enfilent leur costume de Zorro du contribuable. Ils s’indignent face aux caméras, la main sur le cœur. Dans le domaine, comme dans d’autres : « On a aspiré les données de vos bambins (et les vôtres aussi) pour nourrir nos IA ! On les a rendus accros ! C’est inadmissible ! »
Puis, une fois les portes du tribunal populaire fermées, les « grands défenseurs des opprimés » négocient un gentil chèque en coulisses, serrent la main des avocats des manipulateurs et s’empressent d’annoncer une victoire historique. « Aucune faute reconnue », évidemment. Faut pas fâcher la poule aux œufs d’or non plus.
Et pour rassurer les familles ? On nous sort le grand jeu des solutions gadget : un « couvre-feu » à 22h sur Instagram, une « limite de temps d’écran » et un filtre de vérification d’âge.
Soyons sérieux deux minutes. N’importe quel gamin de 12 ans met exactement quatre minutes à contourner la vérification d’âge — parfois même avec le mot de passe de maman, trop heureuse de pouvoir cuisiner deux minutes dans le calme. Le blocage de nuit ? Un bouton magique à désactiver. On nous rejoue le même théâtre hypocrite qu’avec la télévision dans les années 80 ou les jeux vidéo dans les années 90 : on légifère sur le thermomètre pour faire croire qu’on soigne la fièvre.

Expliquer plutôt que masquer : le choix que les élites refusent de financer
Pourquoi cette mascarade dure-t-elle ? Parce qu’imposer un couvre-feu virtuel sur une application, ça fait un joli titre sur BFM. Faire un gros chèque, ça remplit les caisses des États et ça finance les prochaines campagnes électorales.
En revanche, prendre le problème à la racine — former les enseignants, aller dans les écoles, expliquer aux ados (et surtout à leurs parents) comment un algorithme de recommandation manipule la dopamine pour capter leur temps de cerveau disponible — ça coûte cher, ça demande du temps, et surtout : ça ne rentre pas dans un communiqué de presse de défenseur officiel de la veuve et l’orphelin.
Un gamin à qui on a montré une seule fois comment fonctionne le piège d’un fil d’actualité est mille fois mieux armé face à son écran qu’un gamin à qui l’État promet de couper le Wi-Fi à 22 heures.
Mais l’éducation populaire ne produit pas de dividendes. Elle ne fait pas grimper l’action Meta de 4,4 %. Et elle n’a jamais permis à un politicien d’incarner le sauveur de la nation à la télévision du 20 heures. Alors on repassera la monnaie, on encaissera les milliards, et on laissera les ados scotchés à leur fil jusqu’à la prochaine grande « victoire » judiciaire.
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