Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 18 – Les principales manipulations

Il y a de nombreux terrains fertiles pour influencer, tromper ou orienter l’opinion. Certaines techniques sont utilisées pour capter l’attention, orienter les émotions ou manipuler les comportements. On aime croire qu’on pense librement, mais chaque émotion, chaque doute est une opportunité pour quelqu’un d’orienter notre vision du monde. Pas besoin d’hypnose : les techniques sont invisibles, mais redoutables. Voici les plus courantes.

Image253 Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 18 – Les principales manipulations

1. La désinformation : semer le doute avant tout

Diffusion volontaire de fausses informations pour induire en erreur.
Exemple : rumeurs fabriquées pendant une campagne électorale ou fausses alertes sanitaires.

Une info fausse, partagée assez vite et assez fort, peut faire plus de dégâts qu’une vérité vérifiable.
Les campagnes de désinformation n’ont pas besoin d’être crédibles, juste virales. Nos biais de confirmation font le reste : on croit plus facilement ce qui conforte nos idées.

2. Les fake news : fabriquer la réalité

Articles, vidéos ou images présentées comme réelles, mais entièrement inventées.
Elles exploitent souvent des titres chocs pour être massivement partagées sur les réseaux sociaux.

Une photo truquée, une vidéo sortie de son contexte, un “témoignage” inventé… Si c’est choquant, ça se propage. Psychologiquement, notre cerveau retient mieux les histoires fortes que les corrections factuelles. Résultat : même démenties, certaines fausses infos continuent d’influencer.

3. Le clickbait (piège à clics) : attraper le poisson

Titres exagérés ou trompeurs destinés à pousser au clic.
Exemple : « Vous ne croirez jamais ce qu’il s’est passé après… » qui mène à un contenu banal.

« Vous ne devinerez jamais… » — et hop, vous cliquez. Ce piège exploite notre curiosité compulsive.
Les plateformes, obsédées par le temps passé, récompensent les contenus qui accrochent, même si l’info derrière est creuse.

4. Les deepfakes : l’illusion parfaite

Vidéos truquées grâce à l’intelligence artificielle, capables de faire dire ou faire à une personne des choses qu’elle n’a jamais dites ou faites.
Elles sont utilisées à la fois pour le divertissement et pour la manipulation politique ou personnelle.

Grâce à l’IA, une personne peut apparaître en vidéo en train de dire ou faire n’importe quoi. Plus réaliste qu’un montage classique, plus déstabilisant qu’un simple mensonge.
Le danger : notre cerveau fait confiance aux preuves visuelles, même quand elles sont fausses.

5. Le microciblage publicitaire : parler juste à vous

Publicités personnalisées en fonction des données personnelles collectées (navigation, achats, préférences politiques) pour influencer les choix, souvent sans que l’utilisateur en ait conscience.

Publicités ou messages politiques calibrés à partir de vos recherches, likes, et achats.
Ce n’est pas seulement de la pub : c’est du conditionnement sur mesure, qui exploite vos vulnérabilités psychologiques.

6. Le framing (cadrage) : manipuler le décor

Présenter une information en insistant sur certains aspects et en en occultant d’autres, afin de guider l’interprétation.
Exemple : un article qui ne montre que les conséquences négatives d’une décision politique.

Une même info peut paraître positive ou négative selon la façon dont on la raconte. Les médias, les marques, les influenceurs savent choisir les mots, les images et le contexte pour orienter votre ressenti.

7. Les bots et faux comptes : fabriquer l’illusion du consensus

Comptes automatisés ou fictifs qui inondent les réseaux sociaux de messages coordonnés pour donner l’impression d’un soutien ou d’une opposition massive.

Des milliers de comptes automatisés peuvent simuler une opinion massive. Notre biais social est clair : si “tout le monde” pense quelque chose, on a tendance à s’y aligner.

8. La manipulation émotionnelle : activer le mode partage

Utilisation de contenus conçus pour provoquer peur, colère ou indignation, car ces émotions se partagent plus vite et influencent plus facilement les opinions.

Peur, colère, indignation : ces émotions poussent à cliquer, réagir et partager plus vite. Les algorithmes l’ont compris et priorisent ce type de contenu. C’est du carburant pour la polarisation.


Grâce à notre couardise, ce n’est pas l’information la plus vraie qui gagne, mais celle qui se diffuse le mieux. Et souvent, ce qui se diffuse le mieux, c’est ce qui manipule le plus.

💡 Se protéger : vérifier les sources, croiser les informations, se méfier des contenus trop sensationnels, et être conscient de ses propres biais cognitifs.

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