Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 68 – Speedrun de la Scientologie : quand les ados transforment une église en niveau de jeu
En 2026, on a trouvé une nouvelle manière très moderne de faire chier la Scientologie (mais bon, on pourrait, très bien, faire de même, avec plusieurs mouvements à caractères sectaires…) : on ne lit plus les critiques, on ne manifeste même plus dans la rue… on “speedrun” leurs locaux comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo. Des ados bardés de téléphones filment leurs incursions dans les centres de l’Église de Scientologie, courent dans les couloirs, esquivent la sécurité, et postent ensuite leurs exploits sur TikTok comme s’ils venaient de débloquer un trophée “100% Scientologie”. Pour beaucoup, c’est une blague… sauf que derrière le ton ironique se cache une petite guérilla numérique contre ce que la société perçoit comme une organisation opaque et puissante (et il y en a plusieurs dans le même genre).
D’où vient ce “speedrun” de la Scientologie ?
La tendance a démarré en mars 2026 avec une vidéo virale d’un jeune TikToker de 18 ans qui traverse en courant le hall d’un centre d’information de la Scientologie à Hollywood, puis répète l’exploit en entrant toujours un peu plus loin. Le format est simple : vous filmez votre “run”, vous notez jusqu’où vous êtes allé, vous comparez vos scores avec ceux des autres, et vous vous donnez des objectifs dignes d’un jeu vidéo (“aller jusqu’aux étages”, “toucher la porte du bureau X”, etc.). Rapidement, la phrase “speedrun Church of Scientology any%” devient un mème, et les ados se donnent rendez‑vous devant les centres de l’Église pour essayer de battre le dernier record.
Une blague pour beaucoup, une provocation pour d’autres
Sur les réseaux sociaux, la tendance est souvent présentée comme une farce absurde, un délire typique du monde 2.0 : une secte qui se veut secrète, hiératique et milliardaire se fait défoncer par des mômes en tongs qui filment tout. Des articles comme celui de Kotaku décrivent cette mode comme l’une des plus bizarres tendances Internet de l’année, mélangeant culture du jeu vidéo, exhibitionnisme et critique de masse. En parallèle, des essais plus analytiques, comme l’article “Les speedrunners contre la Scientologie” sur Substack, expliquent que ce “speedrun” fonctionne presque comme un acte de hacking social : une manière de tester les limites d’un système fermé, en poussant la porte juste assez loin pour voir comment la machine réagit.

L’Église de Scientologie, elle, a beaucoup moins le sens de l’humour : dans The Los Angeles Times, son porte‑parole qualifie ces “speed runs” d’“intrusions organisées” et même de “hate crimes”, affirmant que les ados dérangent le culte, abîment le matériel et mettent en danger les fidèles. Les autorités locales ont ouvert des enquêtes, car certains jeunes poussent la performance jusqu’à bousculer physiquement la sécurité, ce qui fait basculer le gag dans le risque judiciaire. Ironie de la situation : la meilleure réclame contre la Scientologie, en 2026, n’est plus un documentaire bien sérieux… mais des vidéos de gamins qui filment leur “any%” à 100% virale.
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