Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 71 – Papounet, ses chats, et la grande fracture numérique : on n’est pas tous nés avec un téléphone dans la main 

La fracture numérique, on en parle beaucoup, mais on ne la voit pas toujours là où elle fait le plus de dégâts : entre Papounet, ses chats, et son “erreur TikTok”. Dans un épisode du podcast T’vu l’heure sur Radio Nova, on découvre ce papy ordinaire, fier comme un roi de ses animaux, qui poste un innocent message sur TikTok, sans se douter qu’il s’apprête à basculer dans l’un des nouveaux abîmes de l’époque : celui où on n’a pas la même langue, ni la même culture, ni le même droit d’erreur. Parce qu’aujourd’hui, il existe une Francophonie 2.0 : d’un côté, ceux qui “maîtrisent l’algorithmie”, de l’autre, ceux qui tombe dans tous ces pièges exploités par quelques habiles dégoûtants.

Image-4942 Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 71 – Papounet, ses chats, et la grande fracture numérique : on n’est pas tous nés avec un téléphone dans la main 

Ce n’est plus seulement la fracture entre riches et pauvres, ou entre ville et campagne : c’est la fracture entre ceux qui ont grandi avec le réseau, les icônes, les notifications, et ceux qui ont dû commencer par apprendre à se servir d’un smartphone comme on apprend un instrument de musique. Pour Papounet, un simple “bonjour” à ses chats, posté sur un compte TikTok, devient soudain un sujet d’actualité, un exemple de gaffe numérique, comme si la planète des connectés avait décidé de lui donner des leçons de vie. Et le pire, c’est que personne ne lui a jamais demandé s’il voulait participer au spectacle. Il s’est juste trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, avec un téléphone et sans le manuel.

Le drame, c’est que cette fracture alimente une nouvelle hiérarchie moderne : ceux qui “savent” comment fonctionne le réseau se prennent pour des gourous, alors que les autres, un peu plus lents, un peu plus méfiants, deviennent des sous‑citoyens numériques. On parle beaucoup de “désinformation”, mais on oublie que la première forme de désinformation, c’est probablement la culpabilité. On culpabilise les gens qui n’utilisent pas bien les réseaux, qui n’ont pas de ton “assumé”, qui ne maîtrisent pas le jargon, comme si la compétence sur Internet était la seule preuve d’intelligence authentique. Entre les “experts de l’algorithme” et les “papounets de base”, se dessine une arène où l’humain est systématiquement sacrifié sur l’autel de l’optimisation numérique et de quelques dégoûtants qui se rêvent gourous.

Et pourtant, la vraie démocratie, ce n’est pas d’imposer une plateforme, un réseau, une orthographe, mais de laisser la possibilité de choisir son rapport au numérique. Or, ce qui se trame derrière l’affaire Papounet, ce n’est pas seulement une histoire de “faute de frappe” ou de “poil de moustique”, mais l’illustration de deux mondes qui cohabitent sans se parler. D’un côté, une élite connectée, ultra‑experte, capable de rouler les algorithmes comme un avocat lit un texte de loi, et de l’autre, des milliers de personnes comme Papounet, qui se contentent d’envoyer un message d’amour à leurs chats, sans presser les bons boutons, ni savoir les mots magiques pour “cracker l’algorithme”.

Alors oui, la fracture numérique, c’est aussi cela : une petite erreur, un “TikTok” mal interprété, un compte mal configuré, et tout à coup, tu te retrouves dans une cage de micro‑moment vécu comme un grand procès. Entre ceux qui se vantent de “dominer le réseau” et ceux qui se contentent de l’utiliser sans se sentir initiés, il reste une seule chose à rappeler : on ne naît pas numérique, on le devient, lentement, parfois maladroitement, et souvent contre son gré.


Lien vers le podcast

L’article s’appuie sur le podcast « Papounet, ses chats, et son erreur insta », émission T’vu l’heure sur Radio Nova, disponible ici :
https://podcasts.nova.fr/radio-nova-t-vu-lheure/202604230720-papounet-ses-chats-et-son-erreur-insta-around-world

Share this content: