Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 114 – Les prétendus gardiens de la vertu : ou comment ruiner une réputation en trois leçons
Il était une fois, chez des individus qui se voulaient exemplaire, une caste d’élus, de moralisateurs et de donneurs de leçons. Leur mission ? Veiller à ce que la fonction qu’ils occupent — ou qu’ils prétendent incarner — reste impeccable, intouchable, sacrée. Leur méthode ? Se comporter de manière à ce que plus personne ne croie en rien.
Car, voyez-vous, chers compatriotes, il y a une règle immuable en politique, dans les médias, et même dans les salons parisiens : plus on hurle à la probité, plus on donne envie de vérifier les comptes en Suisse. Plus on brandit l’éthique comme un étendard, plus on se demande qui, dans l’ombre, est en train de signer un chèque à un cousin éloigné pour un marché public douteux.
Leçon 1 : L’art de se draper dans la vertu pour mieux se cacher
Prenons quelques chers « garants de l’honorabilité ». Ces braves gens, souvent vêtus de costumes trois-pièces ou de tweeds intellectuels, passent leur temps à nous expliquer que la fonction doit être respectée. Que l’institution, voyez-vous, est au-dessus de tout soupçon (humm…). Que la confiance est le ciment de la démocratie.
Pourtant, à force de nous seriner que « tout va bien, circulez », ils ont réussi un exploit : faire en sorte que chaque fois qu’un de leurs pairs ouvre la bouche pour parler de morale, le citoyen moyen ait le réflexe de vérifier si sa main droite ne tremble pas en signant un contrat.
Leçon 2 : La théorie du « plus ça pue, plus on en parle »
Il y a une loi non écrite dans le monde des bien-pensants : plus un système est pourri, plus ses défenseurs sont bruyants. C’est mathématique. Un prétendu « responsable » qui passe son temps à nous bassiner avec la transparence ? C’est comme un boucher qui vanterait la fraîcheur de sa viande en pleine canicule… sans frigo. On se demande pourquoi il crie si fort.
Et que dire de ces tribunes indignées, signées par des personnalités qui, hier encore, fermaient les yeux sur les magouilles de leur camp ? L’hypocrisie, quand elle est assumée avec panache, devient un sport olympique. Et nous, pauvres spectateurs, on est priés d’applaudir.
Leçon 3 : Le cercle vicieux de la défiance
Au fond, ces apôtres de l’honorabilité ont rendu un fier service à la démocratie : ils ont prouvé que le pouvoir corrompt, même ceux qui prétendent le nettoyer.
Chaque scandale étouffé, chaque conflit d’intérêts minimisé, chaque « c’est normal » lancé avec un sourire crispé, c’est une brique de plus dans le mur de la méfiance. Et quand le mur est assez haut, plus personne ne voit ce qui se passe derrière… sauf ceux qui en profitent.
Alors, merci à eux. Grâce à leur zèle à défendre l’indéfendable, à leur talent pour transformer l’éthique en slogan creux, ils ont accompli l’impossible : faire en sorte que le simple fait de briguer un poste de responsable pour être réellement responsable soit désormais considéré comme une présomption de culpabilité.
Épilogue : Et si on arrêtait de faire semblant ?
Peut-être est-il temps de cesser de jouer à ce jeu absurde. Et si, au lieu de nous abreuver de discours sur la vertu, nos chers gardiens du temple commençaient par balayer devant leur porte ?
Mais non, bien sûr. Cela serait trop simple. Car le jour où ils le feront, ils n’auront plus aucune raison d’exister. Et ça, visiblement, c’est le seul scandale qu’ils ne sont pas prêts à affronter.
Morale de l’histoire : Quand ceux qui devraient inspirer la confiance ne font que nourrir le doute, la seule chose qui reste honorable… c’est de ne plus les croire.
Et vous, chers lecteurs, combien de fois avez-vous entendu un discours sur la morale… avant de découvrir que son auteur avait les mains sales ? 😏
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