Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 144 – Le wokisme : l’apothéose de l’ego en costume de vertu
Par un chroniqueur désabusée de l’ère du moi-roi
L’individualisme en apothéose : quand le moi devient une religion
Ah, le wokisme ! Ce phénomène qui a réussi l’exploit de transformer l’individualisme en dogme sacré, et l’égo en étendard de la justice sociale. Finis les grands récits collectifs, les valeurs partagées, les idéaux communs. Place à moi, moi, et encore moi, mais habillé en costume de super-héros de la morale. Parce qu’au fond, le wokisme, c’est l’aboutissement logique d’une société où chacun veut être le centre du monde, tout en exigeant que le monde entier s’incline devant ses caprices.
On nous avait promis la libération de l’individu. On a obtenu la tyrannie des egos. Et le pire ? Ça marche.

L’infiltration : quand le virus du moi contamine tout
Le wokisme, c’est comme une maladie auto-immune : il attaque les organisations de l’intérieur, sous couvert de les « améliorer ». Et comme un bon virus, il a su s’adapter à tous les milieux :
- Dans les entreprises : Plus de mérite, plus de compétence. Place aux quotas, aux formations obligatoires sur l’inclusion, et aux RH transformées en police de la pensée. Parce que rien ne soude une équipe comme la peur de dire un mot de travers.
- Dans les universités : Les profs ne transmettent plus le savoir, ils animent des ateliers de culpabilité historique. Les étudiants ne débattent plus, ils dénoncent. Et si tu oses contredire, tu es un oppresseur (ou pire, un boomer).
- Dans les médias : Plus de journalisme, place au militantisme déguisé. Les faits ? Optionnels. L’important, c’est de savoir de quel côté tu te ranges.
- Dans la politique : Les partis ne défendent plus des idées, ils courent après les minorités électorales. Et si tu n’es pas d’accord, c’est que tu es raciste, sexiste, homophobe, ou les trois à la fois.
Le résultat ? Des institutions vidées de leur substance, où l’on passe plus de temps à se surveiller mutuellement qu’à faire avancer quoi que ce soit. Magnifique.
La morale à géométrie variable : quand l’ego remplace les principes
Le plus drôle (ou tragique, selon ton humeur), c’est que le wokisme se présente comme un mouvement moral. Pourtant, il repose sur une contradiction fondamentale : l’individu prime sur tout, mais seulement quand ça m’arrange.
- Tu veux te faire appeler « iel » ? → Respect absolu, sinon tu es un monstre transphobe.
- Tu veux porter un voile/une burqa/un string en public ? → Liberté individuelle sacrée ! (Sauf si c’est une femme blanche qui le fait, là, c’est de l’appropriation culturelle.)
- Tu veux annuler un débat parce que ça te « trigger » ? → Droit absolu ! (Mais si c’est un débat qui te plaît, là, c’est de la libre expression.)
Bref, la morale wokiste, c’est comme un menu à la carte : on choisit les principes qui nous arrangent, et on jette le reste. L’hypocrisie en mode turbo.
Et le comble ? Ce sont souvent ceux qui hurlent le plus fort contre l’égoïsme des autres qui en sont les premiers praticiens.
- Le PDG qui licencie 100 personnes mais poste des stories sur son engagement pour la diversité en entreprise.
- Le politicien qui vote des lois anti-pauvres mais se pavane en allié des minorités.
- Le militant qui exige la tolérance absolue… sauf pour ceux qui ne pensent pas comme lui.
On ne peut pas dire que ce sont ceux qui devraient montrer l’exemple qui le montrent. Et c’est là que le bât blesse.
Le wokisme : symptôme ou maladie ?
Alors, le wokisme, est-ce que c’est la cause de notre déclin moral, ou juste le symptôme d’une société où l’individualisme a tout bouffé ?
La réponse est : les deux, mon général.
Le wokisme est l’aboutissement logique d’une époque où :
- L’individu est roi (et le collectif, un truc ringard).
- La morale est relative (sauf la mienne, bien sûr).
- Les institutions ne font plus confiance (alors on les remplace par des tribunaux Twitter).
Dans ce contexte, le wokisme n’est pas une surprise, c’est une conséquence. Si tout le monde place son ego au-dessus de tout, pourquoi la société ferait-elle autrement ?
On a ce qu’on mérite.
Et maintenant, on fait quoi ?
Alors, faut-il baisser les bras et accepter que le monde devienne un immense selfie moral où chacun pose avec sa propre vérité ?
Non. Parce que l’alternative, c’est pire.
Le wokisme, c’est comme un feu de forêt : si on ne le contrôle pas, il finit par tout brûler. Y compris les libertés qu’il prétend défendre.
Alors, que faire ?
- Arrêter de sacraliser l’individu au détriment du collectif. Oui, tu es unique. Non, le monde ne tourne pas autour de toi.
- Exiger des comptes à ceux qui prêchent la morale mais ne la pratiquent pas. Un hypocrite en costume de « bienveillant » reste un hypocrite.
- Retrouver du bon sens : la justice sociale, c’est bien. La chasse aux sorcières, c’est moins bien.
Et surtout, arrêter de croire que tout ce qui brille est de l’or. Parce que dans le monde du wokisme, beaucoup de « vertu » n’est que du plaqué or sur de l’égoïsme pur.
Signé : Un citoyen excédée, qui rêve du jour où on arrêtera de confondre « avoir des convictions » et « avoir raison ».
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