Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 175 – La bienveillance malade : quand le wokisme devient la nouvelle religion intolérante
La bienveillance malade : quand le wokisme devient la nouvelle religion intolérante
Il fut un temps où la France se mentait à elle-même sur sa dette. Aujourd’hui, elle se ment sur sa morale. Le wokisme, cette idéologie importée des campus américains, a trouvé dans nos élites un terreau fertile : celui de la bienveillance toxique. Un concept aussi oxymorique que « guerre pacifique » ou « capitalisme solidaire ». Car oui, chers compatriotes, on peut désormais être intolérant… au nom de la tolérance.
Le dogme de la vertu obligatoire
Comme le disait Soljenitsyne à propos du mensonge soviétique, une société qui se nourrit de dogmes finit par s’étouffer. Remplacez « communisme » par « wokisme », et vous obtiendrez le même scénario : une vérité officielle, imposée par une minorité bruyante, que personne n’ose contester sous peine d’anathème. Les faits n’ont plus d’importance, seule compte l’adhésion au catéchisme. Refuser de croire que la France est « structurellement raciste » ? Vous êtes un « privilégié ignorant ». Oser dire que le mérite individuel existe ? Vous êtes un « fasciste en costume-cravate ». Le débat est mort, vive l’inquisition 2.0.
Et le comble ? Ces nouveaux inquisiteurs se présentent comme les gardiens de la bienveillance. Ils vous expliquent, avec la condescendance d’un missionnaire colonial, que votre résistance n’est que le symptôme de votre « fragilité » ou de votre « biais inconscient ». La bienveillance, voici le nouveau mot magique qui justifie tout : la censure, l’ostracisme, voire le licenciement. « C’est pour ton bien », vous murmure-t-on, tandis qu’on vous exclut des cercles « éveillés ».
La corruption des âmes bien-pensantes
Le plus amusant – ou tragique – dans cette affaire, c’est de voir comment les bien-pensants se transforment en bourreaux malgré eux. Hier encore champions de la liberté d’expression, les voici aujourd’hui à genou devant les autels de la cancel culture, prêts à sacrifier quiconque oserait blasphémer contre le dogme. Les universités, jadis temples du débat, sont devenues des zones de non-droit intellectuel, où l’on y brûle métaphoriquement les hérétiques sur le bûcher des réseaux sociaux.
Pire : cette soumission est volontaire. Comme les Soviétiques de Soljenitsyne, nos élites préfèrent répéter le catéchisme plutôt que de risquer l’excommunication sociale. Les médias s’auto-censurent, les entreprises adoptent des chartes « inclusives » aussi vides de sens que les plans quinquennaux de Staline, et les politiques rivalisent de zèle pour prouver leur « éveil ». Le résultat ? Une société schizoïde, où l’on célèbre la diversité… tout en uniformisant les pensées.
La rupture du lien social
Le wokisme, comme tout totalitarisme mou, a un effet collatéral : il fragmente la société. Plus personne ne sait sur quel pied danser. Doit-on encore dire « bonjour » ou « salut » pour ne pas froisser les non-binaires ? Faut-il éviter de citer Voltaire, ce « vieillard blanc cisgenre », sous peine de passer pour un réactionnaire ? Les Français, jadis unis par leur amour de la chicane, se regardent désormais en chiens de faïence, de peur de commettre un « micro-agressions » (un concept aussi flou que pratique pour clouer le bec à son voisin).
Et bien sûr, cette paranoïa collective profite à une poignée de prêcheurs auto-proclamés, qui monnayent leur « expertise » en formations « anti-racistes » ou en audits « d’inclusivité ». La bienveillance est devenue un marché juteux, où l’on vend de la culpabilité comme on vendait autrefois des indulgences.
Le wokisme, symptôme d’un déclin annoncé
La plupart des organisations et rassemblement de personnes ont toujours eu un talent : se saborder avec élégance. Après avoir nié des dettes, les voilà qui nient leurs cultures, leurs histoires, leurs identités. Le wokisme n’est que le dernier avatar de cette fuite en avant. Plutôt que d’affronter les vrais problèmes – le chômage, l’insécurité, la désindustrialisation –, on préfère se flageller sur des débats oiseux : faut-il renommer les rues Colbert ? Doit-on interdire Les Aventures de Tintin ?
Pendant ce temps, les vrais opprimés – ceux qui crèvent dans les banlieues ou les campagnes oubliées – peuvent toujours attendre. Eux n’ont pas le bon profil : ils ne sont ni « intersectionnels », ni « déconstruits », ni « allié·e·s ». Ils sont juste… invisibles.
Et Maintenant ?
Soljenitsyne nous avait prévenus : une société qui ment à elle-même est condamnée. Les peuples, aujourd’hui, ne mentent plus seulement sur leurs économies. Ils mentent sur leurs âmes. Le remède ? Cesser de confondre « bienveillance » et lâcheté, tolérance et soumission, progrès et destruction.
Peut-être est-il temps de rappeler à quelques élites « éveillées » cette vérité simple : on ne construit pas une société sur des mensonges, même bien intentionnés. Et que la vraie bienveillance, c’est d’abord respecter l’intelligence de ceux qu’on prétend protéger.
Pour aller plus loin :
- « La Dictature de la Vertu » – un essai (fictif) sur comment le politiquement correct est devenu le nouveau conformisme.
- « Le Grand Remplacement Culturel » – quand l’histoire de France est réécrite au marqueur effaçable.
Partagez cet article si vous en avez encore le droit.
Share this content: