Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 203 – Organisations « bienveillantes » : la vérité, oui, mais seulement quand elle arrange

Il y a un mot qui revient sans cesse dans les tracts, les affiches et les stories syndicales : « bienveillance ». On protège les travailleurs, on prend soin des plus fragiles, on lutte contre les injustices. Beau programme. Le problème, c’est que la bienveillance version 2.0 semble parfois s’arrêter net dès qu’on ose demander : « vous avez une source pour ça ? »

Le chiffre qui tourne, la source qui disparaît

Le tract annonce un chiffre choc : des licenciements massifs prévus, une réforme qui « va détruire » tel ou tel droit, une étude qui « prouve » que la situation est catastrophique. Le chiffre circule, il est partagé, repris, cité par d’autres sections. Et quand on demande poliment le rapport source, l’étude complète ou la méthodologie : silence radio, ou pire, un lien mort vers une page qui n’a jamais existé.

L’art de l’esquive polie

Interrogez un porte-parole syndical sur une affirmation contestable et vous découvrirez un répertoire d’excuses digne d’un manuel de communication de crise :

  • « Ce n’est pas le moment, on est en pleine mobilisation. »
  • « C’est une question de fond qu’on traitera plus tard. »
  • « Vous faites le jeu de la direction en posant cette question. »
  • Et, en dernier recours, le silence pur et simple, le message ignoré, le commentaire supprimé.

Étrangement, ce sont exactement les mêmes techniques que celles reprochées, dans d’autres sphères, aux « bienveillants » autoproclamés de tous bords : on affiche de grandes valeurs, mais on refuse le débat contradictoire dès qu’il devient gênant.

La rumeur comme outil de mobilisation

Une rumeur qui enflamme l’assemblée générale mobilise mieux qu’un rapport financier de trente pages. Alors pourquoi se priver ? Le résultat : des salariés convaincus de vérités qui n’en sont pas, une mobilisation gonflée sur des bases fragiles, et une défiance qui grandit dès que le premier fait vérifié vient contredire le récit.

La bienveillance a un prix : la vérité

Il y a quelque chose d’assez cocasse à revendiquer la défense des travailleurs tout en les nourrissant d’informations approximatives. Un salarié mal informé n’est pas mieux protégé qu’un salarié ignorant, il est juste plus en colère pour de mauvaises raisons.

Conclusion (avec un peu de recul, quand même)

Cette charge est volontairement caricaturale : elle prend le pire des comportements observables dans certaines organisations et le généralise à l’ensemble du mouvement syndical, ce qui est injuste pour la majorité des militants qui vérifient sérieusement leurs sources. La désinformation, les approximations et le refus de répondre à des questions gênantes ne sont ni l’apanage des syndicats, ni une généralité qui les concernerait tous. Mais l’ironie a le mérite de rappeler une exigence simple : une organisation qui se dit bienveillante devrait accepter, plus que toute autre, d’être questionnée sur les faits qu’elle avance.


Article satirique. Il ne vise aucune organisation syndicale précise et généralise volontairement pour l’effet comique

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