Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 209 – Convois de la liberté ? Désolé, l’Ukraine, l’Iran, c’est trop loin pour nos héros du samedi Convois de la liberté ? Désolé, l’Ukraine et l’Iran, c’est trop loin pour nos héros du samedi !
Ah, les « convois de la liberté » ! Ces manifestations « spontanées », ces cortèges « héroïques » où des foules en liesse, drapeaux au vent, scandent des slogans percutants devant des préfets médusés ou des gendarmes désarmés. Des moments où la démocratie s’incarne dans des selfies devant des barricades, où la « liberté » se mesure en nombre de likes sous un hashtag, et où le courage se résume à un tweet depuis son canapé.
Alors, pourquoi donc nos « résistants » autoproclamés, ces « preux chevaliers » de la cause juste, ces « lanceurs d’alerte » à temps partiel, ne partent-ils pas en caravane vers l’Ukraine et l’Iran pour y déverser leur lumière ? Après tout, le peuple t Iranien, opprimé, muselé, privé de droits fondamentaux, n’attend que leur venue pour se soulever en masse, n’est-ce pas ? Un simple appel sur Telegram, et hop ! Pourquoi brimer cette soif d’expression si l’Iran s’est trop loin ? Des millions de manifestants en pyjama devant les ambassades françaises, exigeant la chute du régime avec des pancartes calligraphiées à la va-vite. Je suis étonné que nos valeureux héros « résistants » n’aient pas encore lançés d’appels en ce sens…
Mais non. Pas de convoi. Pas de caravane. Pas même un bus affrété par une mairie EELV. Pourquoi ? Peut-être parce que la liberté, ça se pratique aussi ailleurs que sur les Champs-Élysées un samedi après-midi. Peut-être parce que le courage, ça ne se mesure pas à la taille d’un mégaphone ou au nombre de followers. Peut-être parce que, parfois, la résistance, ça commence par écouter ceux qui la vivent au quotidien, plutôt que de leur expliquer comment ils doivent se libérer en défendant, eux-mêmes les pires opresseurs.
Ou alors… c’est simplement que nos « résistants » préfèrent les combats « faciles » : ceux où l’adversaire est un préfet, un gouvernement ou un ennemi déjà désigné par les algorithmes. Mais non, ils ne sont pas comme ça, nos courageux « résistants » : l’Iran, c’est juste loin; comme l’Ukraine. Puis les Gardiens de la révolution, c’est moins glamour qu’un CRS en gilet jaune. Avouons-le, un *convoi de la liberté* vers Téhéran, ça ferait désordre dans le paysage médiatique. Où seraient les selfies ? Les lives Instagram ? Les débats en plateau où l’on explique doctement que « la vraie résistance, c’est nous » ?
Alors, on attend. On attend que nos héros daignent enfin s’intéresser à une cause qui ne rapporte ni likes ni subventions. En attendant, il y a des gens, des peuples, qui eux, continue de se battre pour la liberté. Sans convoi. Sans caravane. Juste avec du courage. Le leur. Parce qu’il ne faut pas trop compter sur celui de prétendus défenseur de la veuve et l’orphelin qui couvrent les pires manipulations.
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