Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 219 – Algorithmes sur commande : quand les géants du web font le tri dans vos pensées

La Démocratie du « J’aime »… Sauf quand ça dérange

Prenez deux minutes pour admirer la belle fable qu’on nous vend depuis quinze ans. Les réseaux sociaux — Facebook en tête de gondole — seraient de magnifiques espaces de liberté, créés uniquement pour « rapprocher les gens », favoriser le dialogue et donner une voix aux sans-voix. On en verserait presque une larme.

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Dans la réalité du quotidien, le miracle de la connexion humaine ressemble plutôt à un jeu de bonneteau.

Vous rédigez une publication un peu trop piquante, un constat qui grince ou une vérité qui dérange le récit officiel ? Hop, magie numérique : votre texte s’évapore dans les limbes du Web. Pas de sommation, pas d’explication. À l’inverse, d’autres contenus fleurissent sur tous les fils d’actualité comme par enchantement, poussés par une brise invisible. Tout cela au gré des consignes distillées en coulisses et des humeurs de quelques comités de validation autoproclamés.

Mais ne soyez pas médisants ! Tout cela est fait pour votre bien, voyons. Ces plateformes se prétendent investies d’une mission sacrée : protéger la veuve, l’orphelin et le citoyen crédule contre la « désinformation ». Elles jouent les sainte-nitouche du Numérique, drapées dans une vertu irréprochable et financées par des milliards de dollars de publicité.

La réalité est un peu moins poétique : la mission d’intérêt général masque mal une profonde corruption intellectuelle. Sous couverture de modération bienveillante, on assiste surtout à un flicage idéologique au service de minorités d’intérêts bien précises. Si votre pensée rentre dans le moule, l’algorithme vous caresse dans le sens du poil. Si vous en sortez, on coupe le micro et on vous relègue dans la cave d’Internet.

Les géants de la Tech ne sont pas des espaces de débat, ce sont des réseaux de tri sélectif. La prochaine fois qu’on vous expliquera que ces outils existent pour vous libérer la parole, rappelez-vous simplement d’une chose : la liberté d’expression y est garantie, à condition de dire exactement ce que le patron a envie d’entendre.

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