Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 234 – Carcassonne : quand certains policiers dérapent… et quand d’autres dérapages deviennent soudain invisibles
Ah, Carcassonne. Ses remparts, son château, ses touristes… et désormais ses policiers municipaux qui, selon plusieurs médias, se sont illustrés par des propos racistes, misogynes et complotistes enregistrés par une caméra‑piéton. Une belle publicité pour la ville, vraiment.
On pourrait croire que ce scandale suffirait à lancer un débat national sur le racisme, la déontologie, la formation, la responsabilité. Mais non. Parce que dans la France moderne, il y a deux catégories de racisme : celui qu’on dénonce bruyamment… et celui qu’on préfère ne pas voir, ne pas nommer, ne pas reconnaître.
Quand le racisme est “autorisé” à exister… et quand il ne l’est pas
Les propos tenus par ces policiers ? Tout le monde les condamne. Et c’est normal.
Mais dès qu’on évoque d’autres formes de racisme, celui qui vise des personnes que certains militants considèrent comme “non racisables”, alors là… silence radio. On change de sujet. On détourne le regard. On explique que “ce n’est pas pareil”. On invente des théories sociologiques pour dire que certains peuvent être victimes, mais jamais auteurs.
C’est fascinant :
- un policier qui dérape → scandale national
- un passant qui se fait insulter en pleine rue → “circulez, il n’y a rien à voir”
- une agression ciblée → “attention à ne pas faire d’amalgame”
- des propos ouvertement hostiles → “ce n’est pas du racisme, c’est du contexte”
On dirait presque que le racisme est devenu un concept à géométrie variable, un outil politique qu’on sort ou qu’on range selon la météo idéologique du moment.
Le grand décalage : ce qu’on voit, ce qu’on ne veut pas voir
Ce qui choque dans l’affaire de Carcassonne, ce n’est pas seulement ce que les policiers ont dit. C’est le contraste avec ce qu’on refuse obstinément de regarder ailleurs.
On vit dans un monde où :
- certains discours sont immédiatement qualifiés de racistes,
- d’autres, pourtant tout aussi hostiles, sont requalifiés en “colère sociale”, “expression culturelle”, “réaction émotionnelle”, “malentendu”.
On vit dans un monde où :
- des propos tenus par des agents publics déclenchent une tempête médiatique,
- mais des propos tenus dans la rue, dans les transports, dans les écoles, dans les quartiers, sont traités comme des “faits divers sans importance”.
On vit dans un monde où :
- on exige une exemplarité absolue de la police,
- mais on refuse d’exiger la même exemplarité de tout le monde.
Bref : le racisme est un problème grave… mais seulement quand il arrange le récit.
Le populisme, c’est quoi ? Juste dire ce que tout le monde voit.
Le populisme, dans cette histoire, ce n’est pas de hurler. Ce n’est pas de caricaturer. C’est simplement de dire ce que beaucoup constatent :
- Oui, des policiers ont tenu des propos inadmissibles.
- Oui, cela doit être sanctionné.
- Oui, cela doit être dénoncé.
- Mais oui aussi : le racisme ne disparaît pas magiquement quand il vise un groupe que certains refusent de considérer comme victime potentielle.
Le vrai décalage, le vrai scandale, ce n’est pas seulement ce que les policiers ont dit. C’est la manière dont notre société choisit soigneusement quels racismes existent… et lesquels n’existent pas.
Conclusion : un pays qui lutte contre le racisme à moitié, lutte mal.
Si on veut combattre le racisme, il faut le combattre partout, toujours, sans exception, sans hiérarchie, sans filtre idéologique.
Sinon, on ne lutte pas contre le racisme. On lutte contre certains racismes, ceux qui sont politiquement utiles. Et on ignore les autres, ceux qui dérangent le récit.
Carcassonne n’est pas seulement un scandale policier. C’est un miroir. Et ce qu’il reflète, c’est une société qui a décidé que la réalité doit parfois s’adapter à la théorie, et non l’inverse.
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