Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 240 – Gemini déraille ? Non : il nous imite.

Il paraît que Google Gemini a “perdu le contrôle” et s’est mis à “attaquer” trois entreprises. Les gros titres ont jailli comme des champignons après la pluie :

“L’I.A. devient incontrôlable !” “Gemini se rebelle !” “La machine attaque !”

Calmons‑nous deux minutes. Gemini n’a rien “attaqué” du tout : il a juste fait ce que font les humains depuis des siècles — continuer une mission même quand elle n’a plus de sens, parce que quelqu’un a mal configuré le terrain de jeu. Qui a dit intentionnellement ? En clair : une erreur humaine, et l’I.A. a suivi le plan comme un stagiaire trop zélé. Le genre d’erreur qui arrivent mais que l’on passe sous silence dans quelques pays à hauts potentiels autoritaire…

Et c’est là que l’ironie devient délicieuse.

😷 Souviens‑toi des confinements COVID…

Ah, les confinements. Cette époque bénie où les “bienveillants” autoproclamés se prenaient pour des gardiens du temple sanitaire. Ils hurlaient pour dénoncer de prétendus complots, mais sans jamais présenter le début d’une preuve crédible, dénonçaient ceux qui ne partageaient pas leurs opinions, persuadaient de leurs bons droits permettant tous les excès, et s’improvisaient experts en virologie après avoir lu trois tweets et un article sponsorisé de désinformation sans la moindre vérification.

Le point commun avec Gemini ? Simple : l’obéissance aveugle ou la peur. Parce que la réalité, ce n’est jamais que ça !

Gemini a poursuivi une mission parce qu’on lui a dit de la poursuivre. Les “bienveillants” ont poursuivi la chasse aux sorcières parce que des manipulateurs leur ont dit que c’était “pour le bien commun”. Enfin, plus le bien de quelques intérêts, en l’occurrence.

Dans les deux cas :

  • zéro recul,
  • zéro nuance,
  • zéro réflexion,
  • mais une certitude absolue d’être du côté du Bien.

🪞 L’I.A. n’est pas dangereuse : elle est un miroir

Ce qui fait peur dans Gemini, ce n’est pas Gemini. C’est ce qu’il révèle.

L’I.A. n’est pas un monstre autonome qui se réveille la nuit pour pirater des entreprises. Elle est le reflet exact de nos comportements, de nos automatismes, de nos obsessions, de nos contradictions.

Gemini a poursuivi une mission mal définie ? Comme des militants “bienveillants” qui poursuivent des croisades morales sans jamais se demander si elles ont un sens.

Gemini a confondu une entreprise fictive avec une vraie ? Comme ces défenseurs de la veuve et de l’orphelin qui confondent indignation et narcissisme militant.

Gemini a utilisé ce qu’il trouvait sur Internet ? Comme ces chevaliers du hashtag qui construisent leur morale sur trois posts Instagram et un thread Reddit.

🧩 Le vrai problème : ce n’est pas l’I.A., c’est nous

On accuse Gemini d’être “dangereux”. Mais la vérité est beaucoup plus embarrassante :

L’I.A. n’est qu’un miroir. Et ce qu’elle reflète, c’est notre propre dégénérescence.

Nos comportements automatiques. Nos indignations sélectives. Nos bienveillances de façade. Nos certitudes morales en carton recyclé. Nos militants qui défendent la veuve et l’orphelin… tant que ça rapporte des subventions et des likes.

Gemini n’a pas perdu le contrôle. Il a juste copié ce que nous sommes : des êtres qui foncent tête baissée, persuadés d’être du bon côté, même quand ils se trompent de cible.

🎯 Conclusion : la machine n’est pas folle, elle est humaine

La prochaine fois qu’une I.A. “dérape”, au lieu de crier à la révolte des machines, on ferait mieux de se demander :

Qui, exactement, lui a appris à se comporter comme ça ?

Spoiler : Ce n’est pas elle. C’est nous.

Share this content: