Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 247 – Moustache est rentré, l’ego est resté

Bienvenue dans l’ère où un chat sauve une semaine politique. Moustache est rentré, la tempête médiatique s’apaise, et tout le monde peut reprendre sa pose préférée : l’indignation en vitrine. Pendant que des enquêtes sérieuses cherchent des faits, la machine à comm’ tourne à plein régime — et elle a trouvé son meilleur produit : un félin photogénique.

On nous vend l’histoire comme une preuve d’humanité. On nous sert le ronron comme antidote à la polémique. Trois photos de Moustache dans un panier, un filtre vintage, et voilà que l’on dédiabolise se qui ne devrait jamais l’être en mode express pour satisfaire quelques egos. Les mêmes qui, la veille, brandissaient la vertu et la morale, se transforment en influenceurs de salon dès qu’un chat miaule. C’est pratique : ça fait oublier les questions gênantes, ça remplace le débat par un « ooooh ❤️ » synchronisé, et ça nourrit l’ego de ceux qui aiment se voir sauver le monde en 280 caractères.

Mais regardons la scène de plus près. Qui sont ces « révoltés » qui se pressent autour du panier ? Partis politiques en quête d’image, journalistes affûtant un angle viral, syndicats en quête de visibilité, activistes de plateaux télé — tous prêts à poser en sauveurs. Leur objectif réel n’est pas la vérité ni la réparation : c’est la mise en scène. Ils photographient, commentent, partagent, et repartent avec la certitude d’avoir « agi ». Les valeurs qu’ils prétendent défendre deviennent accessoires, vite rangées dès que l’objectif change de plan.

On peut légitimement s’interroger sur les soucis d’ego qui animent ces bienfaiteurs d’opérette. L’indignation devient un produit de consommation, la compassion un accessoire de communication. Quand la cause devient prétexte au storytelling personnel, la sincérité s’effrite plus vite que la crédibilité. Et pendant que l’on s’émeut devant un chat, les vraies questions — responsabilités, enquêtes, conséquences — restent en suspens.

L’exemple, s’il existe, ne vient pas de ceux qui posent devant la caméra. Il vient de ceux qui, loin des projecteurs, travaillent : enquêteurs qui vérifient, citoyens qui exigent des comptes, associations qui font un travail de fond sans chercher la lumière. L’exemple, c’est la constance, pas le buzz. Et si l’on veut que les valeurs tiennent, il faudra cesser de les instrumentaliser pour flatter des egos.

En attendant, Moustache peut retourner à ses siestes dorées pendant que la troupe des « bienveillants » continue son ballet médiatique. Le spectacle est assuré, l’ego est repu, et la morale, elle, attendra le prochain filtre.

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