Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 250 – Extrémistes de tous bords, rassurez-vous : vos chats vont bien

« Extrémistes de tous bords, rassurez-vous : vos chats vont bien »

Excellente nouvelle au milieu du brouhaha compliqué pour la démocratie : les extrémistes de tous bords vont bien. Leurs chats aussi. En revanche, quand on regarde leurs faits, leurs condamnations et leurs petits arrangements avec la vérité, on comprend mieux pourquoi ils préfèrent parler de chats plutôt que de leurs dossiers.

Image-8010 Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 250 –  Extrémistes de tous bords, rassurez-vous : vos chats vont bien

À droite et à l’extrême droite : la dédiabolisation en mode « chat mignon »

Côté Rassemblement national, la stratégie est rodée : trois photos de Bengal sur un canapé, deux petites pattounes, et hop, la dédiabolisation passe en mode ronron. Pendant ce temps, les faits, eux, continuent de s’accumuler.

Bref, côté RN, on peut compter sur les chats pour faire oublier les messages haineux, les condamnations et les combines financières. Très pratique : quand le chat est là, plus personne ne demande qui a dit quoi, ni qui a pris quoi.

À gauche et à l’extrême gauche : l’antifascisme en mode « on ne casse rien, on brise tout »

Ne soyons pas sectaires : l’extrémisme n’est pas une spécialité d’un seul camp. À gauche et à l’ultragauche, on trouve aussi de beaux palmarès.

  • Violences politiques attribuées à l’extrême gauche : selon l’Observatoire des violences politiques, 291 faits ont été recensés en 2025, dont 84 violences physiques et 166 dégradations matérielles. Le rapport note une hausse de 68,2% par rapport à 2024. (https://www.observatoire-violences.fr/articles/bilan-des-violences-de-lextreme-gauche-en-2025 – https://www.breizh-info.com/2026/02/09/256562/violences-politiques-291-faits-imputes-a-lextreme-gauche-en-2025-en-france/)

  • Agressions ciblées contre des opposants : des militants d’extrême gauche ont été condamnés pour des lynchages de sympathisants RN, des attaques en réunion, des vols de téléphones, etc. Certaines affaires aboutissent à des peines avec sursis ou de faibles amendes, ce qui alimente le débat sur la sévérité de la justice. (observatoire-violences)

  • Mouvance ultragauche et terrorisme : environ 3 000 activistes classés à l’ultragauche sont fichés S ; Europol comptabilise 21 attaques perpétrées, avortées ou déjouées en France en 2024. Un procès en 2023 a conduit à des condamnations pour un projet d’action violente. (lejdd)

  • Affaires d’injures et d’accusations d’antisémitisme : des figures de la gauche radicale sont régulièrement mises en cause pour des propos jugés antisémites ou pour injures publiques, donnant lieu à des procédures judiciaires. (charliehebdo)

Là encore, le récit officiel est rodé : « violence légitime », « riposte nécessaire », « antifascisme ». Sauf que dans la vraie vie, ça se traduit par des gens tabassés, des locaux saccagés, et des dossiers qui s’empilent au tribunal.

Le point commun : transformer la politique en feuilleton

Le vrai talent des extrémistes de tous bords, ce n’est pas l’idéologie. C’est la communication.

  • À droite, on utilise le chat, la famille, le terroir, le drapeau, pour faire oublier les messages haineux et les condamnations.

  • À gauche, on utilise la lutte des classes, l’antifascisme, l’urgence révolutionnaire, pour faire oublier les violences et les dérives.

Dans les deux cas, le mécanisme est le même :

  1. Créer un ennemi absolu : le Juif, le migrant, le bourgeois, le flic, le fasciste, l’islamiste, selon la saison.

  2. Produire un récit manichéen : nous = le peuple / eux = le système ; nous = les victimes / eux = les oppresseurs.

  3. Détourner l’attention : quand un dossier gêne, on sort un chat, une polémique, un hashtag, une vidéo virale.

  4. Mobiliser la base : chaque affaire devient un appel aux dons, un nouveau live, un nouvel épisode de la série « Ils veulent nous détruire ».

Résultat : la politique devient un feuilleton où l’on s’indigne à heure fixe, où l’on partage des posts au lieu de lire des programmes, et où l’on finit par voter pour celui qui raconte le mieux, pas pour celui qui propose le plus.

Et au milieu, il y a nous

Entre les chats dédiabolisateurs et les poings révolutionnaires, il reste une petite question : qu’est-ce qu’on fait, nous, les gens normaux qui ne veulent ni domination raciale ni guerre civile, mais juste des écoles qui tiennent debout, des hôpitaux qui soignent et des organismes qui ne nous prennent pas pour des cons ?

On peut commencer par :

  • Exiger des faits, pas des postures : quand un responsable est mis en cause, on attend des preuves, des enquêtes, des comptes, pas des « barbouzeries » ni des « chasses aux sorcières ».

  • Refuser l’amalgame : un extrémiste ne représente pas tout un camp, mais son camp doit le désavouer clairement, pas le protéger.

  • Se méfier des récits trop simples : si un parti vous explique que tous vos problèmes viennent d’un seul groupe (Juifs, musulmans, riches, flics, gauchistes, etc.), c’est qu’il vous vend quelque chose de toxique.

  • Voter pour du concret : des projets, des budgets, des résultats, pas des slogans, des chats et des poings levés.

Les chats vont bien. Les extrémistes aussi. Ce sont surtout nos institutions, notre confiance et notre avenir collectif qui sont en train de prendre cher à cause de ces manipulateurs égocentriques.

Share this content: